Frédéric
Karikese n’est pas un photographe au sens habituel du terme,
mais plus exactement un chercheur d’absolu. Ce magicien de
l’image ne fait pas des photos comme tout un chacun. Il donne
vie aux mirages qui habitent au fin fond de son inconscient en
créant un univers onirique où le rêve ne rejoint surtout pas
la réalité.
Avant
d'appréhender l’oeuvre de l’artiste, il est donc impératif
d’oublier tout ce qu’on a appris - les inepties scolaires et
références culturelles qu’on nous a inculquées depuis
l’enfance – et se laisser uniquement guider pas notre
sensibilité et notre émotion. Si cette condition est remplie,
comme Alice, on pénètre
derrière le miroir et on entre dans le domaine du merveilleux.
Et de découverte en découverte on explore un monde parallèle
où chaque photo raconte une histoire qui semble liée à la précédente
et nous emmène vers la prochaine. Et l’on ne peut que rester
muet d admiration devant la
délicatesse,
l’élégance, le
raffinement, la
subtilité des images proposées à nos sens dans un espace
temps temporairement intemporel.
Les
jeunes femmes qui posent pour cet enchanteur expriment la joie,
la tristesse, la colère, la souffrance qu elles doivent
ressentir profondément en leur for intérieur. Ce ne sont pas
des potiches à qui l’on dicte une attitude, mais elles
participent activement à la création poétique de l’image en
parfaite symbiose avec le créateur qui ne fait plus qu’un
avec son modèle. Chacune d’elle perd son statut de femme et,
tel le papillon quittant sa chrysalide, se transforme en
une fée qui émerveille l’univers. Une jeune femme écrivait
récemment à Frédéric : « C’est moi et ce
n’est pas moi ». Ces quelques mots résument
parfaitement la démarche du créateur.
Chaque photo représente d'une part, une proposition que l'on
pourrait assimiler à un apologue narratif et, d'autre part, la
place laissée à l'allégorie.
Ceux
qui restent insensibles aux images de Frédéric ne possèdent
pas une clé essentielle : la clé des songes. Mais les êtres
humains dont le cœur rejoint la sensibilité s’évaderont
avec lui vers des galaxies inconnues où la poésie règne en
impératrice de l'univers. Frédéric Karikese qui, par ses images, a inventé un langage universel, est un
des Merlin de notre siècle.
Jean
TAVANTZIS (critique parue dans Fil Info France - quotidien indépendant
d'actualités mondiales)