Je mesure le temps au nombre de verres,
et l'ivresse qui m'entraîne
ressemble à la sienne.
Comme le ressac des vagues
au pied d'une falaise,
quand elle vient c'est la brûlure
quand elle part c'est le malaise.
La nuit menlève tout espoir
et la béatitude de l'aurore m'enterre.
Le grain de sable ne
s'est pas changé en perle.
La fin d'une saison où
tout ce qui a fleuri s'achève.
Seul, j'allume des cierges,
en hommage à mes jours avec elle.
Je mesure le temps au nombre de verres.
Je relis ses écris et j'en fait mon bréviaire.
Le temps qui s'en va comme
un battement de paupière,
me dit que
l'éternité vaut bien
ce court chemin avec elle.
Chafik BEN GUESMIA - Tous droits réservés