Il
arrive parfois que l’on se mette à convoiter des choses inaccessibles
juste parce que nous avons cru un instant, qu’il était possible d’y
arriver. La déception n’en est que plus intense et difficilement
supportable lorsque l’on échoue. IL
est nécessaire de relativiser mais certaines personnes n’ont pas
cette faculté. Face à de telles déceptions, la frustration est parfois
si grande que l’on se sent anéanti.
On
se met à se poser des tas de questions : « pourquoi n’y
suis-je pas arrivé ? », « Qu’ai-je donc pu faire pour
ne pas atteindre mon but ? », « Quelles genres de
maladresses ai-je pu commettre pour échouer de cette manière ? ».
Et on peut comme ça continuer à se poser des tas de questions qui
souvent restent sans réponses, si nous n’avons pas l’aide de quelques
tiers pour nous donner les réponses que nous n’avons pas su décrypter.
L’objet
de la convoitise est à mon sens, la source de frustration la plus dévastatrice.
On peut arriver à se consoler pour beaucoup de choses mais ce que l’on
convoite étant ce que l’on désire le plus au monde, la convoitise
inassouvie est inconsolable. Elle laisse une faille qui ne se referme
jamais. Heureusement, il arrive que cette quête du bonheur convoité de
quelque nature qu’il soit, puisse avoir des fins agréables. Dans ces
instants de réussite, le plaisir ressenti est immense.
Après
des jours, des mois ou des années parfois, l’exaltation est à son
paroxysme. Le but enfin atteint est la récompense ultime. On fait un
petit tour en arrière en repensant à nos peurs, nos doutes, à l’énergie
que nous avons dépensée pour y arriver. On se félicite d’avoir
poursuivi les efforts qui ne sont pas restés vains.
Lorsqu’il
s’agit d’un objet de grande valeur que l’on souhaite acquérir ou
d’une place élevée dans la société à laquelle on souhaite accéder,
on sait vers quoi on se dirige. Le but est précis et c’est à nous seul
de faire ce qu’il faut pour l’atteindre. Le travail acharné comme a
pu le faire Bernard Loiseau pour atteindre les trois étoiles au guide
Michelin en est un exemple explicite. Ce grand chef a su faire ce qu’il
fallait pour atteindre ces trois étoiles tant convoitées. En se levant
chaque matin, sont but était le même : obtenir ces fameuses étoiles
en travaillant d’arrache-pied.
En
ce qui concerne le pouvoir ou la place de haut rang
au sein de la société, la classe politique est un vivier
d’exemples en tous genres. Chacun convoite sa part du gâteau.
Monsieur
Chirac convoitait le poste suprême de président de la république française,
il a fini par y accéder. Il faut du courage et beaucoup d’énergie pour
exercer la convoitise. Et bien sur de l’enthousiasme !
Ne
convoite pas qui veut. Il faut d’une part un objet de convoitise précis
et d’autre part la volonté inébranlable d’arriver à ses fins.
Inutile
de se mettre à rêver d’un objet de convoitise inaccessible si on ne se
donne pas les moyens d’y arriver. Mais la convoitise amoureuse est sans
nul doute la plus aléatoire et la plus injuste qui soit.
Cette
convoitise là, met en interaction deux
personnes. Il est impossible de prévoir quoi que ce soit. A l’instar de
tout autre sujet convoité.
Même
si tout est mis en œuvre, même si l’on fait des efforts surhumains ,
le résultat est inéluctable.
C’est
là le piment de la convoitise sentimentale. Les paramètres sont indéfinissables.
L’alchimie de l’amour a son droit de veto. Vous pouvez donc convoiter
durant toute une vie sans jamais atteindre votre but.
Dans
ce jeu, nous sommes deux, c’est ce qu’il y a de plus amusant et de
plus déroutant.
La
convoitise amoureuse n’est en fait qu’une combinaison chimique. Un mélange
de deux entités qui peut ne jamais fusionner. C’est là toute la magie
et c’est le sujet le plus captivant que l’on puisse aborder.
Julien
a décidé de jeter son dévolu sur Magali. Il a décidé de la convoiter
tout simplement parce que lorsqu’il
la vue pour la première fois, elle a allumé une flamme au fond de son cœur.
Il ne la connaît pas et il l’aime déjà. Il a suffi de quelques
secondes pour que Julien soit sous le charme. Son regard a croisé les
jolis yeux de Magali et l’étincelle a enflammé son cœur.
Il
l’aime. Il ne sait pas qu’il l’aime à ce stade mais le cœur à ses
raisons que la raison ignore.
Ce
phénomène est d’autant plus troublant lorsqu’il se produit dans un
lieu qui n’y est pas propice. En effet, Julien est professeur de Français
dans un lycée de jeunes filles. Il s’agit d’un lycée professionnel où
ces jeunes filles apprennent des
tas de choses différentes. Elles y préparent des diplômes qui peuvent
les amener à travailler dans des maisons de retraite, dans des instituts médico-éducatifs
ou encore dans des crèches ou des centres pour handicapés.
Elles
font de l’aide aux personnes.
C’est
lors de son premier cours que Julien va remarquer Magali. Il s’agit
d’un cours assez spécial puisque dans le cadre de la formation, les élèves
apprennent aussi toutes les taches concernant la préparation d’un repas
ou le nettoyage. Julien est professeur de français mais il doit aussi
pouvoir dispenser ce genre de cours.
Magali
est en blouse blanche et porte une charlotte sur la tête.
On
ne peut pas dire qu’elle soit très sexy dans cette tenue, ni attirante.
Pourtant Julien va tout de suite flasher sur cette beauté latine.
Magali
est brune aux yeux noirs. C’est tout ce que Julien peut voir dans ces
circonstances. Il remarque qu’elle est légèrement marquée d’une
petite cicatrice sur la lèvre supérieure
qui ne gâche en rien son extraordinaire beauté.
Dès
cet instant, Julien va convoiter la délicieuse Magali. Il en est fou
amoureux et ne sait pas comment il va pouvoir s’y prendre pour la séduire.
Sa
position de professeur lui interdit de dévoiler au grand jour cette
passion pour cette jolie jeune fille, il n’a ni le droit d’avoir une
quelconque relation avec son élève, ni le droit de lui avouer. Pourtant,
Julien ne peut lutter, Magali est si belle, si attirante, si envoûtante.
Son
charme l’attire comme un aimant.
Il
rêve de la prendre dans ses bras, de la serrer contre lui en
l’embrassant tendrement au creux de la nuque. Julien ne voudrait plus être
professeur, il aimerait avoir
vingt ans pour pouvoir sans contrainte ni préjugé, aimer Magali comme il
le désire.
Cette
relation interdite ou illicite n’ a pourtant rien de malsain. Julien a
été foudroyé par le dieu de l’amour et ne sais comment faire pour se
dépêtrer de cette tentation. Il voudrait ne jamais avoir aperçu
Magali mais il ne cesse de penser à elle.
Même
si Julien fait en sorte de ne pas montrer son attirance pour la
merveilleuse Magali, les autres élèves ont remarqué qu’il la regarde
souvent, qu’il lui parle beaucoup et cela peut nuire à son emploi, à
sa réputation. Julien va pourtant, durant des mois, essayer de faire
savoir à Magali, combien ses sentiments pour elle sont puissants. Il va
beaucoup lui parler, la regarder avec des yeux séducteurs. Mais elle ne
comprendra pas. Pour Magali, qui ressent une attirance plutôt amicale,
les signes émis par Julien sont simplement la démonstration d’une
sympathie plus intense. Elle ne voit rien et ne s’imagine pas que Julien
n’en dort parfois plus la nuit.
Pauvre
Julien. L’entreprise de convoitise qu’il décide de mettre en œuvre
risque d’être périlleuse. N’ayant pas une propension à
l’altruisme, il va devoir faire des efforts pour se montrer plus
attentif, plus gentil avec les autres élèves. D’une part pour ne pas
éveiller les soupçons, d’autre part, parce qu’il pense que Magali
aura une meilleure opinion de lui.
Convoitise,
quand tu nous tiens ! Julien va tout faire pour séduire cette jolie
brune au regard de braise. Il a peur. Peur de se prendre une veste, peur
du jugement des autres, peur encore de perdre sa place si l’on apprend
qu’il drague une de ses élèves. Quel
dilemme mais quel belle chose. Certains diraient de laisser tomber, que
cette fille est trop jeune, qu’elle ne va lui attirer que des ennuis,
que ce n’est qu’une gamine de dix-huit ans qui ne connaît rien à
l’amour.
Mais
qui connaît l’amour ? Réponse incertaine et différente en
fonction de chaque personne.
Julien
est assez pragmatique mais dans ce cas de figure, il est désarmé. Face
aux foudres de l’amour qui ont enflammé son cœur, Julien est
totalement désarçonné. Magali est si séduisante, si chaleureuse. Elle
est pleine de douceur et de tendresse. Elle a l’air si gentille, si
sensuelle…
Que
faire face à ce torrent de sensualité ? Julien en rêve chaque
nuit, il lui arrive d’avoir des éjaculations nocturne tellement ses rêves
lui semblent réels.
Quand
il arrive à avoir une conversation un peu plus poussée où il peut lui démontrer
une partie de ses sentiments, il devient plus fort et a l’impression que
Magali n’est pas indifférente. Malheureusement, ces impressions sont de
courte durée car Magali a parfois des mots blessants qui ne lui laissent
aucune porte de sortie. Il retourne et retourne encore la situation dans
sa tête mais rien n’y fait. Magali se fiche éperdument de lui, elle ne
l’aime pas, n’éprouve aucun sentiment, aucune attirance, rien. Pas le
moindre soupçon de compassion, de tendresse ou de quoi que ce soit
d’autre.
Julien
est de plus en plus malheureux car il aime vraiment cette fille et pense
que c’est peine perdue. Il la convoite tant bien que mal mais comme le
dit l’alchimie : les formules chimiques ne peuvent pas être modifiées.
Le mélange « Magali, Julien »
ne donne strictement rien.
Une
vie entière ne permettrait pas de réussir cette entreprise puisque les dés
sont pipés d’avance. Julien,
malgré son profond désarroi face à une telle déception,
va tenté chaque fois qu’il en aura l’occasion, de faire
comprendre à Magali, qu’il la désire au plus profond de sa chair,
qu’il la veut pour lui. Il a envie de lui faire l’amour comme jamais
aucun autre homme n’a pu lui faire. Il voudrait tant, au moins une fois,
qu’elle accepte une invitation au cinéma, au restaurant ou n’importe
quoi d’autre qui lui ferait plaisir. Il va réussir à obtenir son numéro
de téléphone portable après plusieurs mois de refus. Grâce à ce petit
geste, il a gagné une petite bataille. Julien peut enfin communiquer avec
Magali en dehors des cours et du lycée.
Julien
aime beaucoup la littérature et demande à Magali qu’elle
l’accompagne au salon du livre. Là encore, il essuiera un refus. Mais
au fil des mois, Julien fini par s’avouer vaincu.
Magali
ne voudra jamais rien faire avec lui. C’est alors que vers la fin de
l’année scolaire, Julien, dans un excès de zèle, demande à Magali
son adresse pour pouvoir lui écrire pendant les vacances. Elle accepte
sans rechigner. Encore une modeste victoire dans cette convoitise perdue
d’avance. Cependant, Julien ne veut pas s’avouer qu’il n’arrivera
pas à séduire celle qu’il aime tant. Il veut encore y croire. Grâce
au téléphone portable, il lui envoie des dizaines de messages écrits.
Il lui déclare cette fois-ci, très ouvertement, qu’il est amoureux
d’elle. Elle n’est pas hostile à ses déclarations et cela ravive la
flamme de Julien.
Qu’est-ce
qu’il aimerait qu’elle accepte d’aller au cinéma avec lui…
Il
s’imagine seul en tête à tête avec elle au restaurant, il la regarde
dans les yeux et savoure sa beauté, son sourire, ses yeux pétillants. Il
lui caresse la main et lui parle d’amour. Il se voit se rapprocher
d’elle doucement et lui déposer un premier baiser du bout des lèvres.
Julien est le plus heureux des hommes. Même
si ce n’est que l’imagination, il se croit tellement dans la réalité
que son cœur se met à battre la chamade. Ce premier baiser l’enflamme,
il ressent des sensations qu’il n’avait plus rencontrées depuis des
années. Magali lui donne le sourire et son regard s’illumine de mille
feux. Elle est habillée très sexy, un chemisier noir décolleté en
dentelle, un pantalon moulant mettant en valeur ses jolies jambes, des
chaussures noires à talons hauts. Julien n’a pas faim, il n’arrive
pas à manger. Si subjugué par la présence immensément agréable de
Magali. Il continue à s’imaginer ce conte de fée. Ils sont là, tous
les deux dans ce restaurant, assis à une table en tête à tête. Ils se
contemplent. Julien sent qu’il est en train de séduire Magali, il la
sent se rapprocher. C’est maintenant elle qui se lève pour venir
l’embrasser avec fougue. C’est merveilleux. Julien se sent pousser des
ailes. Ils terminent leur repas rapidement. Julien propose un dessert à
sa délicieuse mais elle n’a plus faim. Lui n’a rien mangé, il se
nourrit de la sensualité de Magali. Elle l’envoûte, il sent la chaleur
envahir son corps, il a une envie irrésistible de lui faire l’amour. Il
voudrait lui donner beaucoup de plaisir, partager un moment de complicité
intense. Il voudrait voir Magali complètement nu et se délecter de ses
formes fascinantes. Julien se lève et prend Magali par la main, ils se
dirigent vers le comptoir pour payer. Magali est chaude comme la braise,
elle le regarde avec des yeux langoureux, elle le touche, le sert, le
caresse…
Julien
est un peu gêné devant la serveuse qui le fait payé. Mais il pense à
la suite de leur soirée et devient très euphorique.
Ils sortent rapidement du restaurant, ils ont prévu d’aller au
cinéma mais ne savent pas encore quel film, ils vont choisir. En sortant,
ils ne résistent pas, ils s’arrêtent en bas de l’escalier de l’Hippopotamus
et s’embrassent avec une telle exaltation qu’ils en perdent l’équilibre.
Julien rattrape in extremis la belle Magali titubant sous les effet de
leur baiser fougueux. Ils n’avaient pas bu d’alcool ! En effet,
ils sont aussi sobres l’un que l’autre, ils ne boivent pas et ne
fument pas. Ils semblerait qu’ils aient un gros point commun sur le plan
des rapports charnels…
Les
voilà maintenant assis dans la salle de cinéma, Magali est blottie
contre Julien. Il est heureux, son rêve se réalise enfin. La lumière
s’éteint, le film commence. Julien a très envie de faire l’amour
mais ce n’est pas sa priorité. Il se sent si bien en compagnie de
Magali, que sa présence lui suffit. Ils se caressent, s’embrassent, se
touchent, se susurrent des mots doux à l’oreille. Magali sent le sexe
de Julien gonfler sous son pantalon, elle le caresse et passe sa main sous
son caleçon. Julien est très excité mais le moment est si romantique
qu’il savoure en douceur les caresses que lui prodigue la divine Magali.
Ils se blottissent l’un contre l’autre, Julien passe sa main sous le
chemisier de Magali et lui caresse délicatement le ventre et la poitrine.
Il sent les tétons pointer et durcir. Quelle agréable sensation. Le film
se termine, ils n’ont pas vu grand chose, trop occupés à se dire des
mots d’amour et à se câliner. Julien propose de ramener Magali chez
elle. En effet, Magali habite un petit village à plus de soixante kilomètres
de la ville. Julien ne veut pas monopoliser le temps de sa belle compagne.
Il meurt d’envie de la garder avec lui, il a envie de louer une chambre
d’hôtel pour juste cette nuit. Pour que leur première sortie ensemble
soit un souvenir inoubliable. C’est une idée mais il ne veut pas
l’imposer. Magali lui dit qu’elle ne veut pas rentrer, elle souhaite
rester avec Julien, elle ne veut pas le quitter. Julien va donc aller au
bout de ce qu’il désire. Il propose à Magali d’aller à l’hôtel
en lui promettant de ne rien tenter de malvenu et lui indique qu’il la
ramènera chez elle le lendemain matin, dès qu’elle le souhaitera.
Magali
se sert contre Julien et lui murmure au creux de l’oreille qu’elle a
envie de lui. Elle lui caresse la nuque, les cheveux et dépose
un doux baiser sur ses lèvres. Elle le sert dans ses bras en lui
exprimant tout son amour. Julien est une nouvelle fois dans un état
d’euphorie inexplicable. Ils se dirigent main dans la main, vers l’hôtel
qui jouxte le cinéma. Julien prend encore Magali contre lui, l’embrasse
ardemment et la tire dans l’escalier qui mène à leur chambre. Ils
entrent sans mot dire et se regarde avec un sourire de complicité. Magali
ôte son manteau et s’allonge sur le lit. Julien est tétanisé. Il
voulait cette fille à tout prix, elle était sa muse, son soleil, son rêve
d’une vie et il l’avait enfin à sa portée. Il la regarde avec désir.
Là, devant ce grand lit blanc, il a trouvé le bonheur à l ‘état
brut. La pureté d’un corps merveilleux offert à lui. Magali lui
demande de s’asseoir sur le rebord du lit, elle lui dépose un doux
baisers sur le front et le sert dans ses bras. Elle se blottit contre lui
et le caresse fiévreusement. Julien se rapproche et s’allonge lui aussi
sur ce grand lit. Magali se relève et vient se placer au bout du lit.
Elle commence à se déshabiller délicatement et très lentement.
Elle
ôte sont chemisier laissant apparaître une poitrine menue mais pointant
vers le ciel. Julien est envoûté par cette beauté au corps sculptural.
Il ne dit plus rien et reste bouche-bée devant une telle représentation
de la plus belle des merveilles de la nature. A cet instant, Julien se
demande si c’est un rêve. Tout ceci lui semble si réel qu’il voudrait être pincé
pour vérifier.
Toujours
est-il que la situation est si agréable que la scène se poursuit. Julien
ne veut en fait, pas savoir si cette chose si extraordinaire est une pure
exaltation de son imagination.
Magali
continue à se dévêtir en douceur avec beaucoup de sensualité. Elle enlève
ses chaussures, déboutonne la braguette de son pantalon et le fait
glisser délicatement le long de ses jambes dorées et fuselées. Le corps
sublime de Magali recouvert désormais par un tout petit string noir en
dentelle rend Julien complètement fou. Jamais il n’aurait pu imaginer
se retrouver là, dans cette chambre d’hôtel, avec la femme de ses rêves
qu’il convoitait tant ! Magali se déhanche lascivement devant ce
pauvre Julien qui ne se contrôle plus. Il se relève du lit et se
rapproche de l’ exquise
Magali. Il a envie de la déguster comme le meilleur des vins, la plus
belle des journées du monde, le plus magnifique des paysages…
Rien
ne peut égaler ce moment de pure enchantement. Julien est maintenant serré
contre le corps embrasé de la divine Magali, il se place
derrière elle et lui embrasse le cou, le dos, les épaules…il la
couvre de baisers des pieds à la tête. Elle se cambre et s’appuie sur
le rebord du lit, jambes tendues et écartées. Les lèvres de Julien
glissent sur la peau bronzée de sa douce compagne. Emois du premier
contact des corps, inexorable descente vers les abîmes profondes du
plaisir charnel, que demander à la vie de plus que cela ?
Leurs
corps se frôlent, se touchent, se collent, s’enlacent comme des
spirales incessantes, Julien descend peu à peu vers le trésor caché et
sent monter l’intense désir qu’il ne peut plus contrôler. La transe
commence et rien ne peut maintenant mettre fin à cette découverte de
l’osmose parfaite entre deux créatures terrestres qui s’aiment. La
loi de l’amour s’est imposée.
Julien
se prosterne devant ce miracle des dieux, il se baisse au niveau des
fesses de Magali et embrasse impétueusement ces deux sphères symétriques,
il passe ses doigts autour de
l’élastique du string et le déroule très adroitement jusqu’à ses
pieds. Magali est maintenant complètement nue. Julien s’arrête un
instant pour contempler de nouveau ce corps sublime que lui offre sans
vergogne la jolie Magali. Les papilles de sa langue vont se délecter du
nectar et des épices du corps en liesse de cette créature venue d’un rêve
utopique d’un grand sentimental. Une invention digne du premier prix du
concourt Lépine, la réalisation ultime de l’univers, la sirène des
mers bleu turquoise. Que dire pour qualifier un tel moment ? Rien. On
ne peut que le vivre et le savourer en espérant en rencontrer des tas
d’autres. Les murs n’ont plus de parois, le monde est réduit à cette
chambre où rien ne peut les immobiliser dans cette exquise découverte.
Julien, se redresse et prend Magali dans ses bras, il lui dit qu’il
l’aime et qu’il veut la chérir de toute son âme. Il l’allonge sur
le lit, sur le dos. Il s’installe à genoux sur le coté droit au niveau
du bassin de Magali.. Il la caresse, l’embrasse sur tout le corps sans
oublier une parcelle de sa peau si douce. Le bonheur à l’état pur. Les
mains de Julien courent sur tout le corps de Magali qui se cambre de
plaisir. Elle ne peut plus résister et se redresse pour ôter les vêtements
de Julien. Il se laisse dévêtir en l’aidant un peu pour se libérer de
cette enveloppe qui l’empêche de ressentir la chaleur dégagée par sa
divine créature. Les voilà nus tous les deux, ils se regardent fixement
et se sourient. Ils savent maintenant qu’ils vont s’unir, que leurs
corps ne feront plus qu’un pour les mener peu à peu vers la « petite
mort ». Julien vient se placer devant Magali, il continue à la
regarder dans les yeux tout en déposant des baisers sur ses seins, son
ventre, sa toison brune aux poils épars. Ils sont heureux et savourent ce
moment de volupté avec intensité. Julien descend plus bas, il est
maintenant entre les cuisses de Magali, il caresse délicatement le sexe
chaud et humide qu’elle lui offre. Magali pousse de petits cris de
plaisir, elle est haletante sous les coups de langue frénétiques de son
amoureux.
Julien
déguste et se délecte du nectar de ce fruit défendu qu’il possède
enfin ! Il enfonce ses doigts doucement, et continue à jouer de sa
langue experte qui fait chavirer l’envoûtante Magali. Le plaisir est si
intense que l’orgasme s’approche trop vite. Julien ne veut pas de
cela, il veut que cette union dure le plus longtemps possible, il veut que
l’instant soit inoubliable et gravé dans leurs mémoires. Alors, il
s’arrête pour contempler Magali qui est rouge écarlate. Elle a le
front perlé de gouttelettes, les cheveux en bataille, un sourire béat et
le visage complètement détendu lui donnant une expression d’épanouissement
total. Ils se sourient de nouveau et Julien finit par se laisser aller au
bout de ses sentiments. Il lui déclame qu’il l’aime à en mourir,
qu’il ne pourra plus jamais se passer d’elle ! Tout en
s’exclamant haut et fort, il reprend son agréable besogne. Sa langue
poursuit son ascension vers les cieux. Ils prennent la position du
soixante-neuf. Magali est placée au dessus de Julien, elle n’a pas
encore toucher son partenaire à l’endroit le plus intime. Elle prend la
queue de Julien entre ses mains et exerce un léger va et vient.
A chaque mouvement, elle fait tourner sa langue autour du gland de
Julien qui n’en revient pas. Ils crient, ils gémissent, sursautent, se
cambrent et ont beaucoup de mal à résister au plaisir qu’ils se
donnent mutuellement. Le monde leur appartient, ils sont maîtres de leur
destin et profitent pleinement des sources de plaisir que dieu leur a données.
C’est un instant magique et merveilleux, ils changent maintenant de
position pour finir en apothéose. Magali s’allonge sur le dos et relève
ses jambes, Julien vient se placer au dessus de Magali, les bras tendus,
bouche contre bouche, seins contre torse, ventre à ventre. Ils
s’embrassent tendrement puis de plus en plus fougueusement, leurs sexes
se frôlent puis ils finissent par s’unir. Julien entre doucement,
Magali gémit et prend les fesses de Julien à pleine main et l’attire
vers elle pour qu’il la pénètre au plus profond de son être. Julien résiste
tant bien que mal, il fait durer la magie du moment. Le va et vient
est de plus en plus fort, ils crient, ils hurlent. De plus en plus
vite, de plus en plus vigoureux, le sexe de Julien s’insinue aux
endroits jadis inconnus. Magali ressent un plaisir qu’elle n’avait
jamais ressenti jusqu’à présent. Un orgasme foudroyant s’approche,
la vitesse s’accentue, les halètements sont de plus en plus saccadés,
le grand frisson est là, tout près. Magali et Julien se regardent une
dernière fois. « je
vais jouir mon amour ! » crie Julien. « moi aussi, Julien !
Tape, tape fort, donne-moi des coups mon amour ! je viens ! ».
Extase et béatitude, Julien et Magali jouissent en même temps. Leurs
cris ont certainement réveillés tous les clients de l’hôtel !
Ils s’embrassent tendrement et s’endorment blottis l’un contre
l’autre…
Mais
que se passe-t-il ? Julien constate qu’il est seul chez lui, il
s’était endormi et avait rêvé ce merveilleux instant. Il se met à
pleurer comme un enfant. Quelle horreur ! La tristesse s’empare de
lui, il se sent anéanti, désemparé. Il pleure et pleure encore en se
disant qu’il n’aurait jamais du croiser cette fille. « Pourquoi,
pourquoi, pourquoi ?» se répète-t-il. « Pourquoi je l’aime ? ».
Julien ne sent plus son corps, il n’a plus faim, plus soif, plus rien
n’a d’importance pour lui. Pourquoi les choses ne se déroulent-elles
pas comme dans les rêves ?
Il
se regarde dans la glace est cherche les raisons de son échec. Il sait très
bien que Magali ne l’aime pas, qu’elle se fiche éperdument de lui.
Elle n’a aucune compassion et se plait même peut-être, à lui donner
de faux espoirs parfois. Il cherche toutes les excuses, toutes les
combinaisons possible mais rien n’y fait. Magali n’est pas une fille
pour lui. Elle lui fait bien comprendre. Comme ne le dit pas la chanson de
Carla Bruni, elle ne sera pas son pile, il ne sera pas son face !
Julien voudrait tant vivre une belle histoire d’amour avec ce miracle
qui a croisé sa route. Mais encore devant sa glace, il se regarde, il
scrute son visage, cherche les rides, les défauts…et il trouve !
Il se découvre des tas de défauts, il perd confiance en lui et se dit
qu’il est incapable de séduire qui que ce soit. Il se trouve laid,
inintéressant, vieux, con. Il se découvre en un instant des tas de défauts
et fini par se faire une raison. Il regarde son téléphone portable et
espère vainement qu’il va sonner. Il espère entendre la petite musique
qui lui indiquera un message « sms ». Il a même quelquefois
l’impression de l’entendre sonner tellement son désarroi est immense.
Julien est malheureux, il n’a même plus envie de reprendre les cours,
il ne veut plus voir Magali. Elle lui fait trop de mal. Julien n’a que
trente ans, et même si beaucoup de jeunes filles de dix-huit ans n’hésitent
pas à sortir avec des hommes bien plus âgés que lui, il a
l’impression que personne ne l’aimera. Il a un terrible besoin
d’amour, de tendresse, de câlin mais il sait désormais que Magali
n’est pas celle qui lui donnera tout cela. C’était un rêve, un désir
inavoué, une convoitise perdue d’avance.
Alors
pourquoi s’est-elle montrée si attentive, si proche, si douce ?
Julien
va malgré son profond désarroi, tenter de trouver la vérité. Il veut
savoir quelles sont les raisons de ce dénigrement. Il désire savoir
pourquoi elle ne veut pas de lui. Les vraies raisons, ce qui lui déplait,
pour pouvoir repartir de l’avant. Il ne dispose d’aucun moyen fiable
pour savoir, il s’agit simplement du mystère de l’amour. Pourquoi
vouloir tout savoir, il n’y a pas d’explication ! Ou plutôt si,
il y’en a une ; Magali n’est tout simplement pas attirée par
Julien. Il ne veut pas l’admettre mais c’est pourtant la triste vérité.
Abattu, malheureux à en mourir, Julien ne peut se faire une raison. Il va
tenter de penser à autre chose, se changer les idées, sortir, voir du
monde pour s’ôter de la tête la douce colombe qui hante son esprit.
Rien n’y fera, il l’aime et ne peut vivre sans elle. C’est aussi
simple que cela. Il ne demande pas la lune, il voudrait juste que cette
fille qui a déclenché la foudre, lui ouvre son cœur. Peine perdue et désillusion,
Julien recouvre ses esprits et doit reprendre le chemin de l’école. Son
cœur est une passoire, il se sent terriblement las. Il redoute la présence
de Magali car dès qu’il la voit, l’effet est toujours le même. Il
n’a qu’une envie, la prendre dans ses bras et l’embrasser fiévreusement.
Julien continuera d’aimer cette jolie brune aux yeux de braise et
gardera tout cet amour au fond de son cœur. Peut-être qu’un jour elle
changera d’avis, l’espoir fait vivre !
Emmanuel THIERY