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CONVOITISE DE MAGALIE d' Emmanuel THIERY

Il arrive parfois que l’on se mette à convoiter des choses inaccessibles juste parce que nous avons cru un instant, qu’il était possible d’y arriver. La déception n’en est que plus intense et difficilement supportable lorsque l’on échoue. IL  est nécessaire de relativiser mais certaines personnes n’ont pas cette faculté. Face à de telles déceptions, la frustration est parfois si grande que l’on se sent anéanti.

On se met à se poser des tas de questions : « pourquoi n’y suis-je pas arrivé ? », « Qu’ai-je donc pu faire pour ne pas atteindre mon but ? », « Quelles genres de maladresses ai-je pu commettre pour échouer de cette manière ? ». Et on peut comme ça continuer à se poser des tas de questions qui souvent restent sans réponses, si nous n’avons pas l’aide de quelques tiers pour nous donner les réponses que nous n’avons pas su décrypter.

L’objet de la convoitise est à mon sens, la source de frustration la plus dévastatrice. On peut arriver à se consoler pour beaucoup de choses mais ce que l’on convoite étant ce que l’on désire le plus au monde, la convoitise inassouvie est inconsolable. Elle laisse une faille qui ne se referme jamais. Heureusement, il arrive que cette quête du bonheur convoité de quelque nature qu’il soit, puisse avoir des fins agréables. Dans ces instants de réussite, le plaisir ressenti est immense.

Après des jours, des mois ou des années parfois, l’exaltation est à son paroxysme. Le but enfin atteint est la récompense ultime. On fait un petit tour en arrière en repensant à nos peurs, nos doutes, à l’énergie que nous avons dépensée pour y arriver. On se félicite d’avoir poursuivi les efforts qui ne sont pas restés vains.

Lorsqu’il s’agit d’un objet de grande valeur que l’on souhaite acquérir ou d’une place élevée dans la société à laquelle on souhaite accéder, on sait vers quoi on se dirige. Le but est précis et c’est à nous seul de faire ce qu’il faut pour l’atteindre. Le travail acharné comme a pu le faire Bernard Loiseau pour atteindre les trois étoiles au guide Michelin en est un exemple explicite. Ce grand chef a su faire ce qu’il fallait pour atteindre ces trois étoiles tant convoitées. En se levant chaque matin, sont but était le même : obtenir ces fameuses étoiles en travaillant d’arrache-pied.

En ce qui concerne le pouvoir ou la place de haut rang  au sein de la société, la classe politique est un vivier d’exemples en tous genres. Chacun convoite sa part du gâteau.

Monsieur Chirac convoitait le poste suprême de président de la république française, il a fini par y accéder. Il faut du courage et beaucoup d’énergie pour exercer la convoitise. Et bien sur de l’enthousiasme !

Ne convoite pas qui veut. Il faut d’une part un objet de convoitise précis et d’autre part la volonté inébranlable d’arriver à ses fins.

Inutile de se mettre à rêver d’un objet de convoitise inaccessible si on ne se donne pas les moyens d’y arriver. Mais la convoitise amoureuse est sans nul doute la plus aléatoire et la plus injuste qui soit.

Cette convoitise là, met en interaction  deux personnes. Il est impossible de prévoir quoi que ce soit. A l’instar de tout autre sujet convoité.

Même si tout est mis en œuvre, même si l’on fait des efforts surhumains , le résultat est inéluctable.

C’est là le piment de la convoitise sentimentale. Les paramètres sont indéfinissables. L’alchimie de l’amour a son droit de veto. Vous pouvez donc convoiter durant toute une vie sans jamais atteindre votre but.

Dans ce jeu, nous sommes deux, c’est ce qu’il y a de plus amusant et de plus déroutant.

La convoitise amoureuse n’est en fait qu’une combinaison chimique. Un mélange de deux entités qui peut ne jamais fusionner. C’est là toute la magie et c’est le sujet le plus captivant que l’on puisse aborder.

Julien a décidé de jeter son dévolu sur Magali. Il a décidé de la convoiter tout simplement parce que  lorsqu’il la vue pour la première fois, elle a allumé une flamme au fond de son cœur. Il ne la connaît pas et il l’aime déjà. Il a suffi de quelques secondes pour que Julien soit sous le charme. Son regard a croisé les jolis yeux de Magali et l’étincelle a enflammé son cœur.

Il l’aime. Il ne sait pas qu’il l’aime à ce stade mais le cœur à ses raisons que la raison ignore.

Ce phénomène est d’autant plus troublant lorsqu’il se produit dans un lieu qui n’y est pas propice. En effet, Julien est professeur de Français dans un lycée de jeunes filles. Il s’agit d’un lycée professionnel où ces jeunes filles apprennent  des tas de choses différentes. Elles y préparent des diplômes qui peuvent les amener à travailler dans des maisons de retraite, dans des instituts médico-éducatifs ou encore dans des crèches ou des centres pour handicapés.

Elles font de l’aide aux personnes.

C’est lors de son premier cours que Julien va remarquer Magali. Il s’agit d’un cours assez spécial puisque dans le cadre de la formation, les élèves apprennent aussi toutes les taches concernant la préparation d’un repas ou le nettoyage. Julien est professeur de français mais il doit aussi pouvoir dispenser ce genre de cours.

Magali est en blouse blanche et porte une charlotte sur la tête.

On ne peut pas dire qu’elle soit très sexy dans cette tenue, ni attirante. Pourtant Julien va tout de suite flasher sur cette beauté latine.

Magali est brune aux yeux noirs. C’est tout ce que Julien peut voir dans ces circonstances. Il remarque qu’elle est légèrement marquée d’une petite cicatrice sur la lèvre supérieure  qui ne gâche en rien son extraordinaire beauté.

Dès cet instant, Julien va convoiter la délicieuse Magali. Il en est fou amoureux et ne sait pas comment il va pouvoir s’y prendre pour la séduire.

Sa position de professeur lui interdit de dévoiler au grand jour cette passion pour cette jolie jeune fille, il n’a ni le droit d’avoir une quelconque relation avec son élève, ni le droit de lui avouer. Pourtant, Julien ne peut lutter, Magali est si belle, si attirante, si envoûtante.

Son charme l’attire comme un aimant.

Il rêve de la prendre dans ses bras, de la serrer contre lui en l’embrassant tendrement au creux de la nuque. Julien ne voudrait plus être professeur, il  aimerait avoir vingt ans pour pouvoir sans contrainte ni préjugé, aimer Magali comme il le désire.

Cette relation interdite ou illicite n’ a pourtant rien de malsain. Julien a été foudroyé par le dieu de l’amour et ne sais comment faire pour se  dépêtrer de cette tentation. Il voudrait ne jamais avoir aperçu Magali mais il ne cesse de penser à elle.

Même si Julien fait en sorte de ne pas montrer son attirance pour la merveilleuse Magali, les autres élèves ont remarqué qu’il la regarde souvent, qu’il lui parle beaucoup et cela peut nuire à son emploi, à sa réputation. Julien va pourtant, durant des mois, essayer de faire savoir à Magali, combien ses sentiments pour elle sont puissants. Il va beaucoup lui parler, la regarder avec des yeux séducteurs. Mais elle ne comprendra pas. Pour Magali, qui ressent une attirance plutôt amicale, les signes émis par Julien sont simplement la démonstration d’une sympathie plus intense. Elle ne voit rien et ne s’imagine pas que Julien n’en dort parfois plus la nuit.

Pauvre Julien. L’entreprise de convoitise qu’il décide de mettre en œuvre risque d’être périlleuse. N’ayant pas une propension à l’altruisme, il va devoir faire des efforts pour se montrer plus attentif, plus gentil avec les autres élèves. D’une part pour ne pas éveiller les soupçons, d’autre part, parce qu’il pense que Magali aura une meilleure opinion de lui.

Convoitise, quand tu nous tiens ! Julien va tout faire pour séduire cette jolie brune au regard de braise. Il a peur. Peur de se prendre une veste, peur du jugement des autres, peur encore de perdre sa place si l’on apprend qu’il drague une de ses élèves.  Quel dilemme mais quel belle chose. Certains diraient de laisser tomber, que cette fille est trop jeune, qu’elle ne va lui attirer que des ennuis, que ce n’est qu’une gamine de dix-huit ans qui ne connaît rien à l’amour.

Mais qui connaît l’amour ? Réponse incertaine et différente en fonction de chaque personne.

Julien est assez pragmatique mais dans ce cas de figure, il est désarmé. Face aux foudres de l’amour qui ont enflammé son cœur, Julien est totalement désarçonné. Magali est si séduisante, si chaleureuse. Elle est pleine de douceur et de tendresse. Elle a l’air si gentille, si sensuelle…

Que faire face à ce torrent de sensualité ? Julien en rêve chaque nuit, il lui arrive d’avoir des éjaculations nocturne tellement ses rêves lui semblent réels.

Quand il arrive à avoir une conversation un peu plus poussée où il peut lui démontrer une partie de ses sentiments, il devient plus fort et a l’impression que Magali n’est pas indifférente. Malheureusement, ces impressions sont de courte durée car Magali a parfois des mots blessants qui ne lui laissent aucune porte de sortie. Il retourne et retourne encore la situation dans sa tête mais rien n’y fait. Magali se fiche éperdument de lui, elle ne l’aime pas, n’éprouve aucun sentiment, aucune attirance, rien. Pas le moindre soupçon de compassion, de tendresse ou de quoi que ce soit d’autre.

Julien est de plus en plus malheureux car il aime vraiment cette fille et pense que c’est peine perdue. Il la convoite tant bien que mal mais comme le dit l’alchimie : les formules chimiques ne peuvent pas être modifiées. Le mélange « Magali, Julien »  ne donne strictement rien.

Une vie entière ne permettrait pas de réussir cette entreprise puisque les dés sont pipés d’avance.  Julien, malgré son profond désarroi face à une telle déception,  va tenté chaque fois qu’il en aura l’occasion, de faire comprendre à Magali, qu’il la désire au plus profond de sa chair, qu’il la veut pour lui. Il a envie de lui faire l’amour comme jamais aucun autre homme n’a pu lui faire. Il voudrait tant, au moins une fois, qu’elle accepte une invitation au cinéma, au restaurant ou n’importe quoi d’autre qui lui ferait plaisir. Il va réussir à obtenir son numéro de téléphone portable après plusieurs mois de refus. Grâce à ce petit geste, il a gagné une petite bataille. Julien peut enfin communiquer avec Magali en dehors des cours et du lycée.

Julien aime beaucoup la littérature et demande à Magali qu’elle l’accompagne au salon du livre. Là encore, il essuiera un refus. Mais au fil des mois, Julien fini par s’avouer vaincu.

Magali ne voudra jamais rien faire avec lui. C’est alors que vers la fin de l’année scolaire, Julien, dans un excès de zèle, demande à Magali son adresse pour pouvoir lui écrire pendant les vacances. Elle accepte sans rechigner. Encore une modeste victoire dans cette convoitise perdue d’avance. Cependant, Julien ne veut pas s’avouer qu’il n’arrivera pas à séduire celle qu’il aime tant. Il veut encore y croire. Grâce au téléphone portable, il lui envoie des dizaines de messages écrits. Il lui déclare cette fois-ci, très ouvertement, qu’il est amoureux d’elle. Elle n’est pas hostile à ses déclarations et cela ravive la flamme de Julien.

Qu’est-ce qu’il aimerait qu’elle accepte d’aller au cinéma avec lui…

Il s’imagine seul en tête à tête avec elle au restaurant, il la regarde dans les yeux et savoure sa beauté, son sourire, ses yeux pétillants. Il lui caresse la main et lui parle d’amour. Il se voit se rapprocher d’elle doucement et lui déposer un premier baiser du bout des lèvres.  Julien est le plus heureux des hommes. Même  si ce n’est que l’imagination, il se croit tellement dans la réalité que son cœur se met à battre la chamade. Ce premier baiser l’enflamme, il ressent des sensations qu’il n’avait plus rencontrées depuis des années. Magali lui donne le sourire et son regard s’illumine de mille feux. Elle est habillée très sexy, un chemisier noir décolleté en dentelle, un pantalon moulant mettant en valeur ses jolies jambes, des chaussures noires à talons hauts. Julien n’a pas faim, il n’arrive pas à manger. Si subjugué par la présence immensément agréable de Magali. Il continue à s’imaginer ce conte de fée. Ils sont là, tous les deux dans ce restaurant, assis à une table en tête à tête. Ils se contemplent. Julien sent qu’il est en train de séduire Magali, il la sent se rapprocher. C’est maintenant elle qui se lève pour venir l’embrasser avec fougue. C’est merveilleux. Julien se sent pousser des ailes. Ils terminent leur repas rapidement. Julien propose un dessert à sa délicieuse mais elle n’a plus faim. Lui n’a rien mangé, il se nourrit de la sensualité de Magali. Elle l’envoûte, il sent la chaleur envahir son corps, il a une envie irrésistible de lui faire l’amour. Il voudrait lui donner beaucoup de plaisir, partager un moment de complicité intense. Il voudrait voir Magali complètement nu et se délecter de ses formes fascinantes. Julien se lève et prend Magali par la main, ils se dirigent vers le comptoir pour payer. Magali est chaude comme la braise, elle le regarde avec des yeux langoureux, elle le touche, le sert, le caresse…

Julien est un peu gêné devant la serveuse qui le fait payé. Mais il pense à la suite de leur soirée et devient très euphorique.  Ils sortent rapidement du restaurant, ils ont prévu d’aller au cinéma mais ne savent pas encore quel film, ils vont choisir. En sortant, ils ne résistent pas, ils s’arrêtent en bas de l’escalier de l’Hippopotamus et s’embrassent avec une telle exaltation qu’ils en perdent l’équilibre. Julien rattrape in extremis la belle Magali titubant sous les effet de leur baiser fougueux. Ils n’avaient pas bu d’alcool ! En effet, ils sont aussi sobres l’un que l’autre, ils ne boivent pas et ne fument pas. Ils semblerait qu’ils aient un gros point commun sur le plan des rapports charnels…

Les voilà maintenant assis dans la salle de cinéma, Magali est blottie contre Julien. Il est heureux, son rêve se réalise enfin. La lumière s’éteint, le film commence. Julien a très envie de faire l’amour mais ce n’est pas sa priorité. Il se sent si bien en compagnie de Magali, que sa présence lui suffit. Ils se caressent, s’embrassent, se touchent, se susurrent des mots doux à l’oreille. Magali sent le sexe de Julien gonfler sous son pantalon, elle le caresse et passe sa main sous son caleçon. Julien est très excité mais le moment est si romantique qu’il savoure en douceur les caresses que lui prodigue la divine Magali. Ils se blottissent l’un contre l’autre, Julien passe sa main sous le chemisier de Magali et lui caresse délicatement le ventre et la poitrine. Il sent les tétons pointer et durcir. Quelle agréable sensation. Le film se termine, ils n’ont pas vu grand chose, trop occupés à se dire des mots d’amour et à se câliner. Julien propose de ramener Magali chez elle. En effet, Magali habite un petit village à plus de soixante kilomètres de la ville. Julien ne veut pas monopoliser le temps de sa belle compagne. Il meurt d’envie de la garder avec lui, il a envie de louer une chambre d’hôtel pour juste cette nuit. Pour que leur première sortie ensemble soit un souvenir inoubliable. C’est une idée mais il ne veut pas l’imposer. Magali lui dit qu’elle ne veut pas rentrer, elle souhaite rester avec Julien, elle ne veut pas le quitter. Julien va donc aller au bout de ce qu’il désire. Il propose à Magali d’aller à l’hôtel en lui promettant de ne rien tenter de malvenu et lui indique qu’il la ramènera chez elle le lendemain matin, dès qu’elle le souhaitera.

Magali se sert contre Julien et lui murmure au creux de l’oreille qu’elle a envie de lui. Elle lui caresse la nuque, les cheveux et dépose  un doux baiser sur ses lèvres. Elle le sert dans ses bras en lui exprimant tout son amour. Julien est une nouvelle fois dans un état d’euphorie inexplicable. Ils se dirigent main dans la main, vers l’hôtel qui jouxte le cinéma. Julien prend encore Magali contre lui, l’embrasse ardemment et la tire dans l’escalier qui mène à leur chambre. Ils entrent sans mot dire et se regarde avec un sourire de complicité. Magali ôte son manteau et s’allonge sur le lit. Julien est tétanisé. Il voulait cette fille à tout prix, elle était sa muse, son soleil, son rêve d’une vie et il l’avait enfin à sa portée. Il la regarde avec désir. Là, devant ce grand lit blanc, il a trouvé le bonheur à l ‘état brut. La pureté d’un corps merveilleux offert à lui. Magali lui demande de s’asseoir sur le rebord du lit, elle lui dépose un doux baisers sur le front et le sert dans ses bras. Elle se blottit contre lui et le caresse fiévreusement. Julien se rapproche et s’allonge lui aussi sur ce grand lit. Magali se relève et vient se placer au bout du lit. Elle commence à se déshabiller délicatement et très lentement.

Elle ôte sont chemisier laissant apparaître une poitrine menue mais pointant vers le ciel. Julien est envoûté par cette beauté au corps sculptural. Il ne dit plus rien et reste bouche-bée devant une telle représentation de la plus belle des merveilles de la nature. A cet instant, Julien se demande si c’est un rêve.  Tout ceci lui semble si réel qu’il voudrait être pincé pour vérifier.

Toujours est-il que la situation est si agréable que la scène se poursuit. Julien ne veut en fait, pas savoir si cette chose si extraordinaire est une pure exaltation de son imagination.

Magali continue à se dévêtir en douceur avec beaucoup de sensualité. Elle enlève ses chaussures, déboutonne la braguette de son pantalon et le fait glisser délicatement le long de ses jambes dorées et fuselées. Le corps sublime de Magali recouvert désormais par un tout petit string noir en dentelle rend Julien complètement fou. Jamais il n’aurait pu imaginer se retrouver là, dans cette chambre d’hôtel, avec la femme de ses rêves qu’il convoitait tant ! Magali se déhanche lascivement devant ce pauvre Julien qui ne se contrôle plus. Il se relève du lit et se rapproche  de l’ exquise Magali. Il a envie de la déguster comme le meilleur des vins, la plus belle des journées du monde, le plus magnifique des paysages…

Rien ne peut égaler ce moment de pure enchantement. Julien est maintenant serré contre le corps embrasé de la divine Magali, il se place  derrière elle et lui embrasse le cou, le dos, les épaules…il la couvre de baisers des pieds à la tête. Elle se cambre et s’appuie sur le rebord du lit, jambes tendues et écartées. Les lèvres de Julien glissent sur la peau bronzée de sa douce compagne. Emois du premier contact des corps, inexorable descente vers les abîmes profondes du plaisir charnel, que demander à la vie de plus que cela ?

Leurs corps se frôlent, se touchent, se collent, s’enlacent comme des spirales incessantes, Julien descend peu à peu vers le trésor caché et sent monter l’intense désir qu’il ne peut plus contrôler. La transe commence et rien ne peut maintenant mettre fin à cette découverte de l’osmose parfaite entre deux créatures terrestres qui s’aiment. La loi de l’amour s’est imposée.

Julien se prosterne devant ce miracle des dieux, il se baisse au niveau des fesses de Magali et embrasse impétueusement ces deux sphères symétriques, il passe  ses doigts autour de l’élastique du string et le déroule très adroitement jusqu’à ses pieds. Magali est maintenant complètement nue. Julien s’arrête un instant pour contempler de nouveau ce corps sublime que lui offre sans vergogne la jolie Magali. Les papilles de sa langue vont se délecter du nectar et des épices du corps en liesse de cette créature venue d’un rêve utopique d’un grand sentimental. Une invention digne du premier prix du concourt Lépine, la réalisation ultime de l’univers, la sirène des mers bleu turquoise. Que dire pour qualifier un tel moment ? Rien. On ne peut que le vivre et le savourer en espérant en rencontrer des tas d’autres. Les murs n’ont plus de parois, le monde est réduit à cette chambre où rien ne peut les immobiliser dans cette exquise découverte. Julien, se redresse et prend Magali dans ses bras, il lui dit qu’il l’aime et qu’il veut la chérir de toute son âme. Il l’allonge sur le lit, sur le dos. Il s’installe à genoux sur le coté droit au niveau du bassin de Magali.. Il la caresse, l’embrasse sur tout le corps sans oublier une parcelle de sa peau si douce. Le bonheur à l’état pur. Les mains de Julien courent sur tout le corps de Magali qui se cambre de plaisir. Elle ne peut plus résister et se redresse pour ôter les vêtements de Julien. Il se laisse dévêtir en l’aidant un peu pour se libérer de cette enveloppe qui l’empêche de ressentir la chaleur dégagée par sa divine créature. Les voilà nus tous les deux, ils se regardent fixement et se sourient. Ils savent maintenant qu’ils vont s’unir, que leurs corps ne feront plus qu’un pour les mener peu à peu vers la « petite mort ». Julien vient se placer devant Magali, il continue à la regarder dans les yeux tout en déposant des baisers sur ses seins, son ventre, sa toison brune aux poils épars. Ils sont heureux et savourent ce moment de volupté avec intensité. Julien descend plus bas, il est maintenant entre les cuisses de Magali, il caresse délicatement le sexe chaud et humide qu’elle lui offre. Magali pousse de petits cris de plaisir, elle est haletante sous les coups de langue frénétiques de son amoureux.

Julien déguste et se délecte du nectar de ce fruit défendu qu’il possède enfin ! Il enfonce ses doigts doucement, et continue à jouer de sa langue experte qui fait chavirer l’envoûtante Magali. Le plaisir est si intense que l’orgasme s’approche trop vite. Julien ne veut pas de cela, il veut que cette union dure le plus longtemps possible, il veut que l’instant soit inoubliable et gravé dans leurs mémoires. Alors, il s’arrête pour contempler Magali qui est rouge écarlate. Elle a le front perlé de gouttelettes, les cheveux en bataille, un sourire béat et le visage complètement détendu lui donnant une expression d’épanouissement total. Ils se sourient de nouveau et Julien finit par se laisser aller au bout de ses sentiments. Il lui déclame qu’il l’aime à en mourir, qu’il ne pourra plus jamais se passer d’elle ! Tout en s’exclamant haut et fort, il reprend son agréable besogne. Sa langue poursuit son ascension vers les cieux. Ils prennent la position du soixante-neuf. Magali est placée au dessus de Julien, elle n’a pas encore toucher son partenaire à l’endroit le plus intime. Elle prend la queue de Julien entre ses mains et exerce un léger va et vient.  A chaque mouvement, elle fait tourner sa langue autour du gland de Julien qui n’en revient pas. Ils crient, ils gémissent, sursautent, se cambrent et ont beaucoup de mal à résister au plaisir qu’ils se donnent mutuellement. Le monde leur appartient, ils sont maîtres de leur destin et profitent pleinement des sources de plaisir que dieu leur a données. C’est un instant magique et merveilleux, ils changent maintenant de position pour finir en apothéose. Magali s’allonge sur le dos et relève ses jambes, Julien vient se placer au dessus de Magali, les bras tendus, bouche contre bouche, seins contre torse, ventre à ventre. Ils s’embrassent tendrement puis de plus en plus fougueusement, leurs sexes se frôlent puis ils finissent par s’unir. Julien entre doucement, Magali gémit et prend les fesses de Julien à pleine main et l’attire vers elle pour qu’il la pénètre au plus profond de son être. Julien résiste tant bien que mal, il fait durer la magie du moment. Le va et vient  est de plus en plus fort, ils crient, ils hurlent. De plus en plus vite, de plus en plus vigoureux, le sexe de Julien s’insinue aux endroits jadis inconnus. Magali ressent un plaisir qu’elle n’avait jamais ressenti jusqu’à présent. Un orgasme foudroyant s’approche, la vitesse s’accentue, les halètements sont de plus en plus saccadés, le grand frisson est là, tout près. Magali et Julien se regardent une dernière fois.  « je vais jouir mon amour ! » crie Julien. « moi aussi, Julien ! Tape, tape fort, donne-moi des coups mon amour ! je viens ! ». Extase et béatitude, Julien et Magali jouissent en même temps. Leurs cris ont certainement réveillés tous les clients de l’hôtel ! Ils s’embrassent tendrement et s’endorment blottis l’un contre l’autre…

 

Mais que se passe-t-il ? Julien constate qu’il est seul chez lui, il s’était endormi et avait rêvé ce merveilleux instant. Il se met à pleurer comme un enfant. Quelle horreur ! La tristesse s’empare de lui, il se sent anéanti, désemparé. Il pleure et pleure encore en se disant qu’il n’aurait jamais du croiser cette fille. « Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?» se répète-t-il. « Pourquoi je l’aime ? ». Julien ne sent plus son corps, il n’a plus faim, plus soif, plus rien n’a d’importance pour lui. Pourquoi les choses ne se déroulent-elles pas comme dans les rêves ?

Il se regarde dans la glace est cherche les raisons de son échec. Il sait très bien que Magali ne l’aime pas, qu’elle se fiche éperdument de lui. Elle n’a aucune compassion et se plait même peut-être, à lui donner de faux espoirs parfois. Il cherche toutes les excuses, toutes les combinaisons possible mais rien n’y fait. Magali n’est pas une fille pour lui. Elle lui fait bien comprendre. Comme ne le dit pas la chanson de Carla Bruni, elle ne sera pas son pile, il ne sera pas son face ! Julien voudrait tant vivre une belle histoire d’amour avec ce miracle qui a croisé sa route. Mais encore devant sa glace, il se regarde, il scrute son visage, cherche les rides, les défauts…et il trouve ! Il se découvre des tas de défauts, il perd confiance en lui et se dit qu’il est incapable de séduire qui que ce soit. Il se trouve laid, inintéressant, vieux, con. Il se découvre en un instant des tas de défauts et fini par se faire une raison. Il regarde son téléphone portable et espère vainement qu’il va sonner. Il espère entendre la petite musique qui lui indiquera un message « sms ». Il a même quelquefois l’impression de l’entendre sonner tellement son désarroi est immense. Julien est malheureux, il n’a même plus envie de reprendre les cours, il ne veut plus voir Magali. Elle lui fait trop de mal. Julien n’a que trente ans, et même si beaucoup de jeunes filles de dix-huit ans n’hésitent pas à sortir avec des hommes bien plus âgés que lui, il a l’impression que personne ne l’aimera. Il a un terrible besoin d’amour, de tendresse, de câlin mais il sait désormais que Magali n’est pas celle qui lui donnera tout cela. C’était un rêve, un désir inavoué, une convoitise perdue d’avance.

Alors pourquoi s’est-elle montrée si attentive, si proche, si douce ?

Julien va malgré son profond désarroi, tenter de trouver la vérité. Il veut savoir quelles sont les raisons de ce dénigrement. Il désire savoir pourquoi elle ne veut pas de lui. Les vraies raisons, ce qui lui déplait, pour pouvoir repartir de l’avant. Il ne dispose d’aucun moyen fiable pour savoir, il s’agit simplement du mystère de l’amour. Pourquoi vouloir tout savoir, il n’y a pas d’explication ! Ou plutôt si, il y’en a une ; Magali n’est tout simplement pas attirée par Julien. Il ne veut pas l’admettre mais c’est pourtant la triste vérité. Abattu, malheureux à en mourir, Julien ne peut se faire une raison. Il va tenter de penser à autre chose, se changer les idées, sortir, voir du monde pour s’ôter de la tête la douce colombe qui hante son esprit. Rien n’y fera, il l’aime et ne peut vivre sans elle. C’est aussi simple que cela. Il ne demande pas la lune, il voudrait juste que cette fille qui a déclenché la foudre, lui ouvre son cœur. Peine perdue et désillusion, Julien recouvre ses esprits et doit reprendre le chemin de l’école. Son cœur est une passoire, il se sent terriblement las. Il redoute la présence de Magali car dès qu’il la voit, l’effet est toujours le même. Il n’a qu’une envie, la prendre dans ses bras et l’embrasser fiévreusement. Julien continuera d’aimer cette jolie brune aux yeux de braise et gardera tout cet amour au fond de son cœur. Peut-être qu’un jour elle changera d’avis, l’espoir fait vivre !

Emmanuel THIERY